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Sri Lanka - Renouveau et réconciliation - un chemin difficile   

frères en marche – Revue missionnaire des Capucins suisses

Chères lectrices, chers lecteurs

Nous consacrons ce numéro au Sri Lanka, vu que nous y avons quelques relations qui nous ont permis de réunir des informations susceptibles de compléter notre approche de ce pays si divers qui ne fait pas tant parler de lui. Ce n’est pas un guide touristique qui peut nous faire un état des lieux. Il suffirait alors de quelques belles photos de cueilleuses de thé pour faire rêver celles et ceux qui passent pour y couler quelques jours de détente.

Beat Baumgartner, membre de notre comité de rédaction depuis une année, a eu le bonheur de pouvoir se joindre à un groupe de lectrices et lecteurs intéressés à mieux connaître ce pays. Le voyage a été organisé par Fr. Werner Gallati de la Procure des Missions d’Olten, en collaboration avec Noël, un Tamoul, aujourd’hui naturalisé, collaborateur au Couvent et à la Procure des Missions d’Olten où il gère son travail d’intendance avec énergie et efficacité. Nous ne pouvons que nous étonner de son parcours : il était arrivé en Suisse ne sachant ni lire ni écrire. Père de famille, il est désormais parfaitement intégré dans la vie sociale d’Olten puisqu’il fait partie, entre autres, du corps des pompiers.

Ce voyage est la suite d’une série de contacts dans le cadre de nos relations avec les Capucins du Sri Lanka. Cette relation privilégiée s’inscrit dans notre pratique de la solidarité internationale, toute dépendante de celles et ceux qui nous soutiennent et nous pressent d’agir en leur nom. La reconstruction, après le tsunami de 2004, a exigé beaucoup de rigueur de la part de nos Frères. Il fallait aller au plus urgent sans se laisser piéger par l’afflux d’argent qui pourrait conduire à la corruption.


Le Sri Lanka a connu une trop longue guerre civile. Les rebelles tamouls (les Tigres tamouls, de leur nom officiel) ont subi une défaite cuisante, mais ils ne sont pas prêts de l’oublier, car leur situation ne s’est guère améliorée. En tout cas, ils ne se satisfont pas de la situation actuelle. Les Tamouls se sentent comme submergés par les Cingalais. Il y a encore du chemin à faire pour une «pacification» non forcée. Un prêtre tient à se faire le porte-voix de ses frères parce que, même si les armes de sont tues, les gens souffrent encore. Les Tamouls subissent en silence. Ils ne peuvent qu’espérer que cette île soit réellement une nation où paix et justice, donc unité et harmonie, s’embrassent pour le bien commun de toute sa population.

Nous sommes également heureux de vous donner un reflet du jubilé des 400 ans du couvent des Capucins, à la rue de Morat, à Fribourg. Il y a aussi l’après qui nous invite à ne pas regarder en arrière, mais à répondre aux défis actuels.

Puisse ce numéro vous enchanter

Bernard Maillard